Face à la crise, les PME se tournent de plus en plus vers le capital-investissement
Mia Sfeir
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08/10/2008  La crise financière est là et semble bien vouloir s’installer. Dans notre quotidien, dans nos banques, sur nos écrans, à l’étranger. La crise est partout et les milliers d’entreprises de taille moyenne qui composent une large partie de la structure productive en France, n’ont pratiquement pas aujourd’hui d’autres sources de financement que celles du capital-investissement. Les banques ne font plus crédit et deviennent méfiantes. Il en ressort un net renforcement des opérations de capital-investissement de taille modeste. Une récente étude de l’AFIC, Association Française des investisseurs en capital, réalisée auprès de l’ensemble de ses membres, révèle en effet que les montants investis continuent de progresser sur le capital risque (+3%) et le capital développement (+69%), au premier semestre 2008 par rapport à 2007. Moins chanceuses, les grandes opérations de LBO, où les investissements dans les acquisitions avec effet de levier de plus de 100 millions d'euros chutent de 38 % (2,1 milliards) comme les opérations de transmission (21 % à 1,5 milliard), sur la même période. Si la crise semble épargner pour le moment certaines classes de capital-investissement, elle menace en revanche le financement des fonds, notamment des fonds de LBO, ce qui viendrait assécher la liquidité des PME, en forçant nombre d’entre elles qui seraient rentables, à déposer le bilan. Aujourd’hui, plus que jamais, les regards sont tournés vers ces PME, qui constituent le noyau dur de notre économie, notamment en terme de création d’emplois et d’innovation. Selon l’AFIC, 926 entreprises on été soutenues, sur le semestre, soit 18% de plus que l’an dernier. Parmi elles, plus de 80% sont des PME/PMI qui réalisent des chiffres d’affaires de moins de 50 millions d’euros. D’autre part, la plupart des investissements se sont concentrés dans les régions à forte densité d’entreprises de taille moyenne. Des résultats réjouissants d’autant plus que 20% des capitaux levés au premier semestre 2008, soit 1,754 milliards d’euros, sont le fait de personnes physiques et de sociétés de gestion de fortune ayant choisi de réduire l’ISF en investissant dans des PME. L’Etat est conscient que la crise ne doit pas venir mettre un frein à cette dynamique et qu’il faut préserver ces entreprises. Il envisage d’injecter prochainement environ 22 milliards d’euros dans l’économie.
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