Les PME américaines, plus soutenues que les françaises ?
Mia Sfeir
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04/11/2008  « Small Business Act » Le Congrès américain l’a bien compris : les PME sont indispensables à l’économie. A l’origine de 60 à 80% des créations nettes d’emplois depuis 10 ans, elles doivent être soutenues et chouchoutées. Le dispositif institutionnel « Small Business Act » (SBA) en témoigne puisqu’il réserve depuis 1953 entre 23 % et 40 % des marchés publics américains aux PME nationales. Cela encourage l'innovation locale tout en permettant aux petits acteurs de concurrencer les grandes entreprises pour atteindre elles aussi des tailles internationales. Rien de semblable en Europe et donc en France, où l'accès aux marchés publics reste soumis à une rude concurrence, et ce, malgré l’adoption en juin 2008, d’un « Small Business Act » pour l’Europe, qui vise à renforcer la croissance et la compétitivité durables des PME. La politique (voulue par la France) de quotas de PME dans l’attribution de marchés publics, n’est toujours pas d’actualité. Le mot d’ordre est néanmoins « Think Small First ». Priorité aux petites entreprises. Le ton est donné. Reste qu’en France, nos petites entreprises n’ont pas tous les avantages des américaines. Elles souffrent notamment d’un marché du travail peu flexible. Combien de nos compatriotes traversent-ils l’Atlantique car « il est plus facile d’y faire des affaires » ? Les conditions d’embauche y sont plus souples et la capacité des entreprises à s’adapter aux fluctuations conjoncturelles, meilleure. La France pâtit en outre de lourdeurs administratives que le nouveau « Small Business Act » européen entend corriger. Les entreprises américaines se démarquent aussi en se positionnant depuis toujours vers des marchés porteurs, notamment l’innovation. Elles réalisent un effort de Recherche et Développement plus important qu’en France ou en Europe. En 2007, seulement trois PME sur dix environ dans l’UE déclaraient qu’elles avaient de nouveaux produits ou que de nouveaux produits leur procuraient des recettes. Le SBA européen insiste sur la nécessité de soutenir la capacité de recherche et d’innovation des PME. Le capital-investissement, ça marche Autre élément de différenciation, aux Etats-Unis, les financements massifs en fonds propres constituent un atout pour le développement des PME, notamment pendant leur période de démarrage et leurs premières phases d’expansion. Ils permettent que les entreprises soient suivies par différents types d’investisseurs, puis lorsqu’elles deviennent plus grandes, elles peuvent bénéficier de marchés financiers profonds. Investir sur des jeunes pousses à fort potentiel est alors perçu comme une opportunité, contrairement aux français qui raisonnent essentiellement en terme de risque. Il n’est donc pas étonnant de constater que parmi les 1000 premières entreprises mondiales, 30% sont américaines, dont 21,6% créées depuis 1980, contre 17,5% d’entreprises européennes, dont 5,1% créées depuis 1980. En général, le venture capitalist américain cible, non pas une idée ou un projet, mais un secteur d’activité. Dans l’objectif de servir un rendement attractif aux investisseurs, la croissance du secteur doit compenser la prise de risque spécifique à chacun des projets. Et la crise dans tout ça ? Aux Etats-Unis, la crise actuelle a freiné les investissements dans le non-coté et le nombre de levées de fonds enregistré a diminué (-29% au troisième quart de l’année). Mais tous les secteurs ne sont pas touchés de la même façon. Les investissements dans les entreprises de l'Internet ont chuté de 36% par rapport à l'année 2007, en revanche ils ont augmenté dans les biotechnologies (+2%) et dans les énergies renouvelables (+17). D’autre part, les fonds de capital-risque ne sont pas aujourd’hui en manque de liquidités, bien au contraire. Les investisseurs se montrent simplement plus prudents qu’auparavant. Désormais seuls les meilleurs ont leur place…en attendant que la tempête financière passe. Les entrepreneurs américains pourront se consoler d’avoir un choix plus large que les français en matière de « capital-investisseurs ». A titre d’exemple, on dénombre 600 000 Business Angels côté américain, contre 50 000 au Royaume-Uni et seulement 5000 en France ! Heureusement pour les entrepreneurs français, de nouvelles solutions pour trouver des investisseurs voient le jour…
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